Convention et réglement des Joueurs d’Epées

Depuis plusieurs années, nous travaillons et partageons sur la Convention des Joueurs d’Epées. Le grand rassemblement AMHE annuel de L’Isle Adam (21 et 22 octobre 2017) est enfin l’occasion d’organiser un petit tournois multiarme basé sur celle-ci ! Vous pourrez essayer ou réessayer cette pratique qui se veut au plus proche des sources historiques ludiques. Ouvert à tous et à toutes avec comme seule condition, lire le règlement avant ! 

le lien :

https://www.dropbox.com/s/f4muq3lipfa1nvb/R%C3%A8glement%20L%27Isle%20Adam%20Convention%20des%20Joueurs%20d%27Ep%C3%A9es.pdf?dl=0

Les coups valides

« Les coups valides sont de trois types : les tailles, les estocs et les entailles. Leur bonne exécution est à l’appréciation de l’arbitre. 
Tous les coups valides doivent être accompagnés d’un mouvement des jambes et/ou des hanches. Ce mouvement peut conduire ou non à un déplacement. 
Tous les coups valides doivent être francs et sans débat : les touchettes et les effleurements ne comptent pas. 
Tous les coups de taille valides doivent être armés, c’est-à-dire que lorsqu’un coup de taille est donné, le prolongement de la pointe de l’arme doit passer par le plan formé par le pli du coude de la main armée.
De plus, ils doivent atteindre l’autre joueur avec le faible de la lame, c’est-à-dire la partie allant de la pointe de l’épée jusqu’au milieu de la lame. Ils peuvent être donnés avec le taillant ou le plat de l’arme. » 

Pourquoi ?

Les coups de taille

Nous utilisons les trois « vulnérants » (wonnder) de l’escrime. Il est important de définir ces coups. Seulement « toucher l’autre » ne nous suffit pas. Quand on fait des tests de coupe, on s’en rend compte rapidement … Une épée reste un outil, il faut donc l’utiliser correctement pour optimiser le geste, sans parler d’efficacité mais plutôt d’efficience. Il est vrai qu’une épée aiguisée coupe et que même un coup écrasé peut théoriquement causer des dégâts. Hors un coup de taille armé accompagné des hanches ou du mouvements des jambes (« combat avec tout ton corps » disent les sources) est encore plus probant. La très grande majorité des techniques présentées dans les sources quelques soit la période, respecte ce principe. Combattre avec tous son corps et non pas seulement son bras optimise le geste taillant mais aussi limite la fatigue. Ce principe qui répond initialement à l’utilisation d’une arme aiguisée a été conservé dès la fin du Moyen Âge dans le cadre du jeu (cf. Liechtenauer, Meyer, bolonais, etc) pour diverses raisons : Par exemple la volonté de reproduire l’utilisation d’une arme réelle, causer des dommages avec une arme neutralisée ou comme aujourd’hui la nécessité d’exécuter des actions visuelles devant un arbitre ou un public. Certes il existe quelques exceptions, certains rares coups se faisant de pied ferme, mais il s’agit surtout d’exceptions qui confirment la règle…

Autre exemple, Les escrimeurs liechtenaueriens nous disent que pour frapper il faut passer d’une garde à l’autre. Et bien regardons attentivement ces gardes à travers les textes et les images. Combien de coups directs se font à partir de gardes avec une pointe orientée vers l’adversaire ? Presque aucune, tous suivent de larges arcs afin de donner de la vitesse à la frappe.
Enfin pour finir sur les coups de taille, ils doivent s’exécuter avec le faible de la lame. Si l’iconographie montre par exemple un Meyer atteignant l’autre du bout de sa pointe avec un coup de taille ou avec le plat de la lame, on sait que le point de percussion situé plus vers le premier tiers de la lame est la véritable zone de coupe. C’est pourquoi quelqu’un qui frappera avec son fort n’a aucune chance de causer des dommages avec son arme, que cette dernière soit aiguisée ou non.

La Convention des JE n’interdit pas l’usage des coups qui ne respectent pas ces principes, elle précise seulement que ces coups restent non valides, car non respectueux de la majorité du corpus et de la doctrine.

Si nous n’imposons pas ce type de principe, il paraîtrait plus logique de combattre avec une position de jambe quasi fixe et avec des petits coups de taille balayant les avancés (mains, bras, jambes) de l’adversaire tel un « sniper ». Ou de répondre à n’importe quel coup par une imposition de la lame sur le corps adverse. Une simple éraflure ou un simple contact permettant de remporter ou d’annuler le point… Une méthode de combat qui serait surtout logique pour les jedis de Star Wars et leur sabre plasma plus que coupant…