Libro quinto | Livre cinq

L’Opera Nova d’Achille Marozzo est très certainement un des traités d’escrime les plus connus et des plus influents du 16ème siècle. Imprimé pour la première fois en 1536 à Modène, il fut ensuite réimprimé à plusieurs reprises jusqu’au début du 17ème siècle.
Cette œuvre, écrite par un maître d’armes à destination d’un de ses élèves, nous plonge au cœur de l’escrime de la tradition bolonaise. Au travers de cinq livres, Marozzo présente l’utilisation d’armes différentes, telles que l’épée seule ou accompagnée d’une bocle, d’une cape ou d’une rondache, ainsi que l’épée à deux mains, la dague et les armes d’hast. Les techniques décrites pour ces armes sont abordées pour une utilisation dans différents contextes tels que l’escrime de salle, le duel ou la self-défense. On retrouve également un certain nombre de conseils pédagogiques à destination d’un potentiel futur enseignant de l’art des armes.
Aurélien Calonne vous propose ici la traduction du premier livre de cette œuvre, laquelle traite de ces conseils ainsi que du combat à l’épée et à la petite bocle. Abordé principalement à travers d’assauts et destiné principalement à une escrime de salle, Marozzo nous présente ici les fondations de son art qui sont ensuite appliquées aux autres armes et contextes dans le reste de son œuvre.

 

NDT : il s’agit ici d’une première version de la traduction, beaucoup de choses ont été revues et corrigées depuis que cela soit au niveau de la traduction comme de la grammaire. Cette traduction est considérée comme obsolète. N’hésitez pas à nous contacter par ce formulaire pour obtenir une version plus à jour. Nous la laissons néanmoins disponible car elle pourrait servir de base de travail à certaines personnes

Presa Prima.

Hora nota che qui daremo principio alla prima presa: havendo dinotato di quanta utilità è a sapere diffendersi dal suo nimico, mi son sforzato dare principio a questa prima presa di stillo, over daghetta. Et nota che havendo il tuo nimico una dell’arme sopradette in mano, è necessario a guardargli sempre con l’occhio alle mani, acciocchè lui non ti possa gabbare. Avvenga, dico, che ‘l tuo nimico ti tirasse sopra mano d’una daghetta, tu ti riparerai con la tua man manca, pigliando il braccio suo alla roversa, cioè il braccio dritto, et in questo medesimo pigliare tu gitterai la tua gamba dritta di dietro alla destra del tuo nimico, trahendo in questo medesimo gittare il braccio tuo dritto al collo all’incontro, storcendo in tal gittare la mano sinistra verso le parti dritte del sopradetto, tirando le ditte braccie giuso a terra: facendo a questo modo, farà lui un capofitto indrieto.

Première Prise.

Maintenant, note qu’ici je donne le principe de la première prise : ayant noté combien il est utile de savoir se défendre de son ennemi, je me suis efforcé de donner le principe de cette première prise au « stillo » ou à la dague. Et note qu’ayant ton ennemi avec cette arme la main au-dessus, il est nécessaire de toujours regarder sa main, de façon qu’il ne puisse tricher. Qu’il arrive, je dis, que ton ennemi t’attaque d’une dague la main au-dessus, tu te défendras avec ta main gauche, prenant son bras à revers, c’est-à-dire son bras droit, et dans cette même prise, tu jetteras ta jambe droite derrière la droite de ton ennemi, tirant dans ce pas ton bras droit à l’encontre du cou, tournant dans ce mouvement ta main gauche vers le coté droit de celui-ci, tirant ce bras en bas par terre. En faisant de cette façon, tu feras aller sa tête en arrière.

Presa Seconda.

Essendo il tuo nimico con l’armi in sotto mano, come apertamente dimostra la figura, fermerai l’occhio tuo al pugno predetto, cioè che tirandoti lui al di sotto in suso per ammazzarti d’una ponta, ti gitterai col braccio tuo manco al suo braccio dritto, voltando il pugno tuo con le dita in giuso & lo piglierai stretto, passando, nel pigliarlo, della tua gamba destra, mettendola di fuori dalla dritta del sopradetto tuo nimico & in questo medesimo gittare tu piglierai la coscia destra con la tua mano dritta al predetto, cacciandoli in questo pigliare la testa tua sotto al suo braccio destro & volterai le spalle alla roversa; & a questo modo lo porterai via & lo gitterai a terra & serai vincitore galantemente & polito.

Seconde prise.

Ton ennemi étant avec l’arme la main en dessous, comme le montre ouvertement l’illustration, les yeux fixés au poing de celui-ci : c’est-à-dire que lui te tirant de bas en haut pour tuer d’un estoc, tu jetteras ton bras gauche à son bras droit, tournant ton poignet avec les doigts vers le bas & tu le tiendras serré, passant, dans cette prise, de ta jambe droite, la mettant à l’extérieur de la jambe droite de ton ennemi, & dans ce même pas, tu prendras la cuisse droite de celui-ci avec ta main droite, dirigeant dans cette prise ta tête sous son bras droit, & tu tourneras les épaules/le dos à revers, & de cette façon tu va le porter & le jeter par terre & tu seras victorieux galamment, et policé.

Presa Terza.

Volendo io dichiarare la maniera da diffendersi da uno che te tirasse d’una daghetta per amazzarti sopra mano, come in questa Terza parte si vede, tu ti riparerai tirando la mano tua dritta al braccio destro del tuo nimico, pigliandolo in questo tal gettare nel detto braccio per di fuori alla roversa, passando in detto tempo con la tua gamba manca alla destra del sopradetto, pigliando in tal passare con il tuo braccio manco la sua gamba dritta e a questo modo tu lo butterai per terra indrieto & sarai risoluto & gli darai a lui delle ferite.

Troisième prise.

Voulant décrire la façon de se défendre de quelqu’un qui t’attaque d’une dague la main au-dessus pour te tuer, comme on le voit dans la troisième partie, tu te défendras jetant ta main gauche (erreur dans le texte par rapport à la gravure) au bras droit de ton l’ennemi, prenant dans ce mouvement son bras droit par l’extérieur à revers, passant dans ce temps avec ta jambe gauche vers la droite de celui-ci, prenant dans ce pas avec ton bras droit (même erreur) sa jambe droite, et de cette façon tu le jetteras par terre en arrière, et tu seras résolu et tu lui donneras un coup.

 

Presa Quarta.

Hora nota che in questa quarta presa voglio che quando il tuo nimico ti tirasse d’una ponta sotto mano, ti riparerai pigliando con la tua mano destra di sopra il suo braccio dritto, tenendolo forte stretto, passando in tal pigliare con la tua gamba manca di drieto dalla sua destra & in tempo di tal passare gitterai il tuo braccio manco nella gola dinanzi al nimico, spingendolo subito col ditto braccio indrieto verso terra & con la gamba manca darli nella sua dritta di dietro & a questo modo caderà per terra & tu serai sicuro, galante & polito; & se per causa alcuna non intendesti la scrittura, guarderai quello che ti mostra la pittura.

Quatrième prise.

Maintenant, note que dans cette quatrième prise je veux que quand ton ennemi t’attaque d’estoc la main en dessous, tu te défendras prenant son bras droit au-dessus avec ta main droite, le tenant fortement serré, passant dans cette prise avec ta jambe gauche derrière sa jambe droite, et dans le temps de ce pas tu jetteras ton bras gauche devant la gorge de l’ennemi, le poussant aussitôt avec ce bras en arrière vers la terre, et avec la jambe gauche mise derrière sa droite, et de cette façon il tombera par terre, et tu seras sauf, galamment, et policé, et si pour n’importe quelle raison tu ne comprends pas ce qui est écrit, regarde ce que te montre l’illustration.

Presa Quinta.

In questa quinta presa è da considerare che volendo il patiente superare l’agente, necessaria cosa è arditamente guardare al detto agente, com’egli tiene l’arme in mano, o sotto mano, o sopra mano; ma preponeremo che in questa quinta parte la tenga sopra mano & che lui di su in giuso trahesse una pontata o taglio, per il petto o per la faccia: tu t’arreparerai gittando & pigliando con la tua mano manca la destra del nimico alla roversa e con la gamba dritta passando, buttandola di drieto a quella del sopradetto, pigliando in detto passare con la tua man dritta il braccio del tuo nimico per di sotto, come tu vedi, stringendo ambedue & tirando giù a terra fortemente; & nota che per questo tal tirare tu gli romperai il braccio suo dritto, cascandogli di subito le sue arme in terra & sarai vincitore & uscito del pericolo galantemente & ben polito.

Cinquième prise.

Dans cette cinquième prise, il doit être considéré que la volonté du patient surpasse celle de l’agent. Il est une chose nécessaire de regarder ardemment à cet agent, comment il tient l’arme, avec la main au-dessus ou en dessous. Mais supposons que dans cette cinquième partie qu’il tienne la main au-dessus, et que lui tire un estoc ou un coup de taille de haut en bas à la poitrine ou au visage. Tu te défendras jetant et prenant la main droite de l’ennemi avec ta main gauche en revers et passant avec ta jambe droite, la jetant par derrière la sienne, prenant dans ce pas avec ta main droite le bras droit de ton ennemi en dessous, comme tu vois, serrant les deux & le tirant à terre fortement. Et note que par cette prise tu lui casseras son bras droit, dirigeant aussitôt son arme par terre, et tu seras victorieux & hors de danger galamment, et policé.

Presa Sesta.

Tu vedi in questa sesta parte che ciascun di voi ha l’arme in mano: bisogna adunque adoperare l’ingegno & considerare di superar il tuo nimico, acciocchè trahendoti il sopradetto di detta ponta o taglio sopra mano, tu te riparerai con l’arma tua pigliandola con ambedue le mani insieme, come tu vedi, dandoli in detto parare con la tua man manca una storta in suso, intendendosi del tuo braccio manco spinga dal tuo lato destro, il dritto tu ‘l spingerai forte dentro verso il nimico e guarda che la tua gamba manca sia di fuori dalla destra del sopradetto: facendo questo se taglierà la mano & l’arma sua li cascarà per terra, voltandole le spalle come tu vedi.

Sixième prise.

Tu vois dans cette sixième partie que chacun de vous a une arme en main. Il est donc nécessaire d’user d’ingéniosité et de considérer de surpasser ton ennemi. De sorte que celui-ci t’attaquant d’estoc ou d’un coup de taille la main au-dessus, tu te défendras avec ton arme la prenant avec les deux mains, comme tu vois, lui donnant dans cette parade avec ta main gauche une torsion vers le haut, comprend que ton bras gauche pousse vers ton coté droit, le droit tu le pousseras fortement à l’intérieur vers l’ennemi et regarde que ta jambe gauche soit à l’extérieur de la droite de celui-ci. En faisant cela il se taillera la main & son arme tombera par terre, lui tournant les épaules/le dos comme tu vois.

Presa Settima.

Hora volendo noi parlare in questa settima parte se un huomo volesse ammazzare un altro huomo che non havesse arme in mano & quello che volesse ferire havesse l’arme sopra mano, come si vede che ‘l pigliasse l’altro anchora nel capuzzo, di quivi non bisogna più aspettare, che tu pigli con la man tua manca quello che t’ha pigliato nel petto, passando in ditto pigliare della tua gamba dritta di fuori dalla manca del tuo nimico, mettendo in ditto tempo il braccio tuo destro ne la gola al sopradetto, dandogli con la tua gamba destra nella sua sinistra, spingendo con il tuo braccio verso le tue parti dritte, di modo che lui per questo convien cadere in terra & darai a lui delle ferite.

Septième prise.

Ici je veux nous parler dans cette septième partie de quand un homme veut tuer un autre homme qui n’a pas d’arme en main & celui qui veut attaquer a l’arme avec la main au-dessus, comme on le voit qu’il prend l’autre aussi à la « capuzzo » (capuche, col au vue de l’illustration?), de là il n’est pas nécessaire d’attendre plus, tu prends avec ta main gauche celle qu’il t’a mise à la poitrine, passant dans cette prise ta jambe droite à l’extérieur de la jambe gauche de l’ennemi, mettant dans ce temps ton bras droit dans la gorge de celui-ci, lui donnant avec ta jambe droite à sa gauche, poussant avec tes bras vers ton coté droit, de sorte que lui par cela tombe à terre & tu lui donneras un coup.

Presa Ottava.

A voler chiaramente discrivere queste prese come vanno, sappi tu lettore che son di gran fatica, ma pur per dare conforto a quelli che si diletteranno, gli mostrerò che vale scientia antica in questo & in altro che potrà accadere, sicchè lettore leggi volentieri. Hora, havendo ditto qui di sopra come questo scrivere è molto difficile a specificare ogni cosa, come vanno, mi sforzerò con la mia poca memoria a dare d’intendere a quelle persone che qui leggeranno, che trovando uno che sopra mano volesse dare ad un altro una ferita, bisogna che con la sua man manca gli pigli la sua mano dritta, passando in tal pigliare dal lato dritto del nimico, voltandogli le spalle al sopraditto, pigliandoli in questo voltare l’armi che haverà con la sua dritta mano, voltandola di subito alla roversa, verso le parti dritte del sopraditto: & per questo voltare di mano c’haverai fatto alla roversa gli torai l’arme di mano al tuo nimico & così sarà perditore.

Huitième prise.

À vouloir décrire clairement ces prises comme il vient, tu sais lecteur qu’ils sont d’une grande fatigue, mais aussi pour donner réconfort à celui qui se détend, je lui montre ce que vaut la science antique dans cela, & autrement qui pourra se passer, afin que le lecteur interprète volontiers. Maintenant, ayant dit là au-dessus comment cette écriture est bien difficile à décrire toutes les choses, comme je viens, je suis forcé avec mon peu de mémoire de donner à comprendre à ces personnes qui le liront, que trouvant un qui voudra en attaquer un autre avec la main au-dessus, il est nécessaire qu’il prenne la main droite de l’ennemi avec sa main gauche, passant dans cette prise du coté droit de l’ennemi, tournant les épaules/le dos à celui-ci, lui prenant dans ce mouvement l’arme qu’il aura dans sa main droite, la tournant aussitôt à revers, vers le coté droit de celui-ci. Et par ce tour de main qu’il aura fait à revers, il tirera l’arme de la main de l’ennemi & ainsi celui-ci sera perdant.

Presa Nona.

Io t’ho mostrato in più lochi de molte prese differentiate l’una da l’altra in scrittura & ancora in pittura, facendoti intendere se gli è uno pratico, farà queste cose facilmente havendo cuore; & sappi come ho detto più indrieto, gli è di bisogno fermare l’occhio tuo sempre alla mano del tuo nimico & vedere in questa nona parte quello che lui vuol fare, perchè trahendoti lui di una ponta di daghetta o pugnalata sopramano, tu ti riparerai pigliando il suo braccio dritto con la tua man destra alla roversa e con la manca piglierai il gombito al sopradetto, stringendole & storcendole verso terra, come tu vedi, gettando la tua gamba manca innanci de drieto alla destra dell’inimico tuo, storgendo e spingendo il suo braccio dritto sotto dal mezzo in giuso verso le tue bande sinistre e la tua man manca tu la spingerai verso le tue parti destre, in modo che lui per forza te volterà le spalle & non voltando tu gli romperai il braccio al sopradetto nimico & serai sicuro di tal pericolo.

Neuvième prise.

Je t’ai montré en plusieurs endroits beaucoup de prises différentes les unes des autres à l’écrit comme en peinture, te faisant comprendre que si elles sont pratiquées, il fera ces choses facilement avec du cœur. Et sache comme je t’ai dit plus avant, qu’il est nécessaire de toujours avoir les yeux fixés à la main de ton ennemi et de voir dans cette neuvième partie ce que lui veut te faire, parce que lui t’attaquant d’un estoc de la dague ou du poignard la main au-dessus, tu te défendras prenant son bras doit avec ta main droite à revers et avec la gauche tu prendras le coude de celui-ci, le serrant & le tournant vers la terre, comme tu vois, jetant ta jambe gauche avant derrière la (jambe) droite de ton ennemi. Tournant et poussant son bras droit sous le milieu (sur l’avant-bras) en bas vers ton ton coté gauche et de ta main gauche tu le pousseras vers ton coté droit, de façon qui lui à force te tournera les épaules/le dos & s’il ne tourne pas tu casseras le bras de cet ennemi & tu seras sauvé de cette menace.

Presa Decima.

Essendo tu assaltato da uno che havesse una daghetta sopra mano & tu ne havesse una come lui, tu ti metterai con la gamba manca innanzi assettato polito, mettendo l’occhio tuo fisso al suo braccio, non ti movendo di niente, perchè tirandoti il tuo nimico per darti delle ferite, tu ti riparerai pigliando con la tua man manca il suo braccio dritto alla roversa, come tu vedi, dandogli in tal pigliare una storta indrieto con la tua mano sinistra & gli potrai dare a lui delle ferite.

Dixième prise.

Étant attaqué par un qui a une dague avec la main au-dessus & toi en ayant une comme lui, tu te mettras avec la jambe gauche devant arrangé de façon policé, gardant les yeux fixés à son bras, sans bouger aucunement, par ton ennemi t’attaquant pour te donner un coup, tu te défendras prenant avec ta main gauche son bras droit à revers, comme tu vois, lui donnant dans cette prise une torsion en arrière avec ta main gauche & tu pourras lui donner un coup.

Presa Undecima.

Habbiamo da cosiderare in questa undecima presa che accadendo che uno venisse innanzi col braccio suo manco & piede, come tu vedi, per darte delle ferite, tu hai da pensare che ‘l viene in questo modo, acciocchè non gli possi pigliare el suo braccio dritto; et tu vedendo questo gli piglierai con la tua man manca il braccio suo appresso el pugno al sopradetto e con la destra mano tu pigliarai el suo gombito, trahendo tu, over gettando in tal pigliare la tua gamba manca avanti alla tua dritta & subito in tal passare darai una storta al braccio del tuo nimico con ambedue le tue mani, voltando forte & a questo modo haverai fuggito la morte e per questa presa che tu haverai fatto te voltarà le spalle o gli romperai il braccio suo.

Onzième prise.

Je dois considérer dans cette onzième prise qu’arrivant qu’un vienne avec son bras gauche & son pied (gauche) devant, comme tu vois, pour donner un coup. Tu dois penser qu’il vient de cette façon de sorte que tu ne puisses pas lui prendre son bras droit. Et toi voyant cela tu lui prendras son bras avec ta main gauche près de son poignet et avec la main droite tu prendras son coude, tirant, ou alors jetant dans cette prise ta jambe gauche devant ta droite & aussitôt dans ce déplacement tu donneras une torsion au bras de ton ennemi avec tes deux mains. Le tournant fortement et de cette façon tu auras fui la mort et par cette prise tu lui auras fait tourner ses épaules/son dos ou rompre son bras.

Presa Duodecima.

Hora nota che se tu te trovasse a non havere arme in mane e ‘l tuo nimico n’havesse una sopra mane, per volerti percuotere di una ferita, tu gittarai la tua gamba manca innanzi, di fora dalla dritta del tuo inimico e piglierai in tal passare con la tua man manca il suo braccio dritto, gettandole di fatto ancora la tua dritta, con ambedue stringendo il braccio al sopradetto, pirlando in detto tempo in su i tuoi piedi, e nota che in tal pirlare tu metterai el suo braccio dritto in su la tua spalla manca voltandogli le spalle e sappi che per tal voltare che tu haverai fatto lassarà l’armi, o gli romperai il braccio.

Douzième prise.

Ici, note que si tu te trouves sans avoir d’arme en main et que ton ennemi en a une la main au-dessus, pour vouloir te percuter d’un coup. Tu jetteras ta jambe gauche devant, à l’extérieur de la (jambe) droite de ton ennemi et tu prendras dans ce pas son bras droit avec ta main gauche, jetant de fait aussi ta (main) droite, serrant le bras de celui-ci avec tes deux mains, tournant dans ce temps sur tes pieds, et note que dans ce mouvement tu mettras son bras droit sur ton épaule gauche lui tournant le dos et sache que par ce mouvement que tu auras fait il laissera l’arme, ou tu lui casseras le bras.

Presa Terzadecima.

Havendo in questa terzadecima parte il tuo nimico l’armi sotto mane come tu vedi, tu non volendo fugire, tu ti fermerai saldo su li tuoi piedi guardandogli alle mani: vederai il movimento che farà el sopradetto, perchè trahendoti lui una ponta per il petto, tu t’areparerai pigliando con la tua man manca el suo braccio dritto e con la tua dritta mano tu gli torai l’arme di mane al suo dispetto, dandogli una storta a la roversa, mettendo in questi tempi la tua gamba manca scontro alla dritta del sopradetto, forte distesa per lo dritto: guardando alla figura imprenderai, tu gli torai l’arme di mane e salvo serai.

 

Treizième partie.

Ayant dans cette treizième partie ton ennemi avec l’arme la main en dessous comme tu vois, toi ne voulant pas fuir, tu t’arrêteras solidement sur tes pieds, regardant à sa main. Tu verras le mouvement que celui-ci fera, parce que lui te tirant un estoc à la poitrine, tu te défendras prenant son bras droit avec ta main gauche et avec ta main droite tu lui tourneras l’arme de la main à son dépit, lui donnant une torsion à revers, mettant dans ce temps ta jambe gauche contre la droite de celui-ci, fortement tendue vers la droite. En regardant l’illustration tu apprendras, tu lui tourneras l’arme de la main et tu seras sauf.

Presa Decimaquarta.

Essendo alle mani senza armi incontro al tuo nimico, tu ti assetterai del tuo piè dritto indrieto & con lo manco sera’ all’incontro del destro del sopraditto, tenendo forte l’occhio al suo braccio dritto, perchè tirandoti per darti delle ferite, tu ti riparerai con la tua dritta mano, pigliando in questo tempo il suo braccio destro per di sopra et con la man manca piglierai l’arme sue alla roversa in mezo al tuo nimico, dandoli una storta in questo tempo; et sappi che detta storta o volta di pugno che tu farai, bisogna che tu la volti all’insuso, verso la parte dritta del nimico et facendo a questo modo tu gli levarai l’armi di mano al suo dispetto

Quatorzième prise.

Étant les mains sans armes contre ton ennemi, tu t’arrangeras du pied droit derrière et le (pied) gauche sera à l’encontre du (pied) droit de celui-ci, fixant fermement les yeux à son bras droit. Parce que lui t’attaquant pour te donner un coup, tu te défendras avec ta main droite, prenant dans ce temps son bras droit par dessus et avec la main gauche tu prendras l’arme de ton ennemi à revers en son milieu, donnant une torsion dans ce temps. Et sache que cette torsion ou volta di pugno que tu feras, il est nécessaire que tu la fasses vers le haut, vers le coté droit de l’ennemi et faisant de cette façon tu lèveras l’arme de la main de celui-ci.

Presa Decimaquinta.

In questa quintadecima presa gli seria di molte cose da scrivere, ma perchè queste prese sono tanto difficili da scrivere, al più che potrò brevemente ne scriverò. Sicchè, s’el fusse uno che ti venisse all’incontro con un pugnale o stillo o daghetta per ammacciarti sopra mano, tu t’areparerai pigliando el suo braccio destro con la tua man dritta, per el dritto, accompagnando in questo tempo il tuo piede destro con la tua man dritta, non ti fermando di niente che tu pirli in sul piè dritto e volterai le spalle al sopradetto inimico, gettando in tal voltare la tua gamba manca alla dritta per de drieto, verso le parti dritte del nimico sopradetto, et in questo tal gettare tu piglierai la gamba dritta, con il tuo braccio manco, del tuo nimico & facendo questo lo gettarai per terra, o cascarà indrieto o portarlo via, come tu vedi.

Quinzième prise.

Dans cette quinzième prise il y aura de beaucoup de choses à écrire, mais bien que ces prises soient si difficiles à écrire, je le ferais le plus brièvement possible. Ainsi, si il est un qui vient à ton encontre avec un poignard ou « stillo » ou une dague la main au-dessus pour te tuer, tu te défendras prenant son bras droit avec ta main droite, par la droite, accompagnant dans ce temps ta main droite avec ton pied droit. Sans t’arrêter aucunement tu tournes sur le pied droit et tu tourneras les épaules/le dos à cet ennemi, jetant dans ce mouvement ta jambe gauche par derrière la droite, vers le coté droit de cet ennemi, et dans ce mouvement tu prendras la jambe droite de ton ennemi avec ton bras gauche. Et faisant cela tu le jetteras à terre, ou le dirigeras en arrière ou le porteras, comme tu vois.

Presa Decimasesta.

Havemo da notare la sesta decima presa: hora guarda bene, che s’el fosse un tuo inimico, che con la sua man manca ti pigliasse in el petto per darte d’un pugnale sopra mano delle ferite, tu te dissolverai dandogli di fatto con le tue braccie insieme in sul braccio manco al sopradetto: ma nota per questo dare serai risolto e serai sicuro e diffensato serai, notificando a ogni persona che debbia guardare come stanno sempre le figure, acciocchè meglio e più chiaramente possano imparare de offendere e diffensare.

Seizième prise.

J’ai noté la seizième prise : maintenant regarde bien, que si ton ennemi t’attrape à la poitrine avec sa main gauche pour attaquer du poignard la main au-dessus, tu te déroberas tapant de fait avec tes bras ensembles sur le bras gauche de celui-ci. Mais note que par cette défense tu seras résolu et sauf et tu défendu, notifiant à toutes personnes qu’ils doivent toujours regarder les illustrations, de sorte qu’ils peuvent mieux apprendre et plus clairement à offenser et à défendre.

Presa Decimasettima.

Diremo adunque che vedendo tu il tuo nimico con un’arma in mano, come vedi quivi, è di bisogno per tuo riparare che tu getti la tua mano manca al suo braccio dritto, pigliandoli alla roversa il braccio al preditto tuo nimico & con la man dritta tu gli pigliarai il stiletto, dandogli incontinente una grande storta indrieto verso delle sue parti: con ambedue le mani gli torrai l’armi di mano al suo dispetto & gli darai delle ferite al sopraditto & a questo modo tu lo ammazzerai.

Dix-septième prise.

Je dis donc que toi voyant ton ennemi avec une arme en main, comme tu vois ici, il est nécessaire pour te défendre que tu jettes ta main gauche à son bras droit, prenant à revers le bras de ton ennemi & avec la main droite tu prendras le stiletto, lui donnant sans modestie une grande torsion en arrière vers son coté : avec les deux mains, tu lui prendras l’arme de sa main à son dépit et tu donneras un coup à celui-ci & de cette façon tu le tueras.

Presa Decimottava.

In questa presa decimottava, se ben hai guardato, questa figura ha l’armi sotto mane e però per questo bisogna che quando uno arriva avanti al suo inimico, l’è bona cosa a guardarli alle mani, acciocchè meglio si possi diffensare; ma pochi sono che habbiano tal vedere, perchè non hanno praticato con le persone che gli habbian dato tal amaestramento; sicchè per questo starai molto accorto, guardando sempre alla man dritta del sopradetto, perchè trahendo egli una ponta sotto mane, el tuo nimico, per darti nel petto, tu te reparerai pigliando con la tua man dritta la mano destra al sopradetto, passando subito la tua gamba manca di drieto ambedue quelle dell’inimico, pigliando in tal passare la barba o i capelli con la tua man manca per di drieto come tu vedi e subito fatto questo, tu lo tirerai all’indrieto e batterallo in terra: togliendoli l’arme di mane, sera’ sicuro e lo potrai ammazzare, sicchè non ti far beffe di queste prese, perchè chi le saprà fare non sarà offeso.

Dix-huitième prise.

Dans cette dix-huitième prise, si tu as bien regardé, cette illustration a l’arme la main en dessous et néanmoins pour cela il est nécessaire que quand un arrive près de son ennemi, il est une bonne chose de regarder la main, de sorte qu’il puisse se défendre au mieux. Mais peu sont ceux qui ont cette vision, parce qu’ils n’ont pas pratiqué avec les personnes qui ont donné telles démonstrations. Donc pour cela tu resteras bien attentif, regardant toujours la main droite de celui-ci, parce que lui, ton ennemi, te tirant un estoc la main en dessous pour frapper à la poitrine, tu te défendras prenant la main droite de celui-ci avec ta main droite, passant aussitôt ta jambe gauche derrière les deux jambes de ton ennemi, prenant dans ce pas la barbe ou les cheveux avec ta main gauche par derrière comme tu vois. Et cela fait, aussitôt tu le tireras en arrière et tu l’auras vaincu par terre, lui tirant l’arme de sa main, il sera sûr (neutralisé) et tu pourras le tuer. Donc, ne te moque pas de ces prises, car ceux qui savent les faire ne seront pas offensés.

Presa Decimanona.

Disponeremo in questa parte un dubbio molto sottile, perchè volendo in questo tempo fare presa che serà molto utile e laudabile da ogni persona, e uscirai senza pericolo di mane del tuo inimico, gli è di bisogno che quando il sopradetto ti venisse contra con l’arme sotto mane per amaciarte o darte delle ferite, tu te reparerai pigliando con la man manca il braccio destro di sopra al sopradetto e con la man dritta piglierai il braccio suo sinistro, tenendolo forte e stretto, e subito in tal pigliare tu te lascierai cadere in terra in drieto, mettendogli in tal cadere ambeduoi gli piedi in el corpo o petto: tirando a te le braccie e con gli piedi tu il getterai de drieto di sopra dalla testa e per questo tal gittare tu gli romperai la testa e faralli un grandissimo male: levandoti suso presto e torandogli le sue armi, parendo a te, tu lo potrai ammaciare.

 

Dix-neuvième prise.

Je lève dans cette partie un doute bien mince, parce que je veux maintenant faire une prise qui sera bien utile et louable à toute personne, et tu sortiras sans périple des mains de ton ennemi. Il est donc nécessaire que quand celui-ci vient à toi avec l’arme la main en dessous pour tuer ou donner une attaque, tu te défendras prenant le bras droit de celui-ci avec ta main gauche et avec la main droite tu prendras son bras gauche, les tenant fortement et serrés, et aussitôt dans cette prise tu te laisseras tomber par terre en arrière, mettant dans cette chute les deux pieds dans le corps ou dans la poitrine, tirant à toi les bras et avec les pieds tu le jetteras par derrière au-dessus de ta tête et par ce mouvement tu lui casseras la tête et tu lui feras un grand mal. Te relevant rapidement et lui prenant son arme, comme il te semble, tu pourras le tuer.

Presa Vigesima.

Serà un bel dubbio et cosa gentile advertire in questa vigesima presa come far si debbe un armigero Cavaliero a difendersi da un suo nimico che incontro a lui venisse per ammazzarlo: ciò quanto habbiamo da considerare, che volendo senza pericolo andare a trovare un huomo suo nimico per ucciderlo sicuramente, molto prima pansare si debbe, fondatamente, con gran vantaggio & ingegno con arte usare, non temendo e non pensando già al pericolo, sibbene a stimarlo, non per paura, ma per meglio suo poter superarlo; attento che venendo il ditto nimico, per sua coperta col braccio manco innanzi, venendo et la sinistra gamba, gettando lui in tal venire la sua manca mano nel suo capeccio, davante, tenendoti stretto per ucciderti o darti delle ferite, allhora con prestezza ti difenderai, pigliando del ditto il manco braccio con ambedue le mani, pirlando subito e voltandoti ad un tempo su li tuoi piedi, intendendosi che la faccia tua sia volta al contrario di quella del nimico, et facendo questo la schiena sua serà voltata verso la schiena tua, et per questo pigliare et voltare che tu haverai fatto, il braccio suo sinistro serà in su la spalla destra in questo subito atto, non temendo tu niente a farequesta generosa presa, perchè superarai il tuo nimico et li romperai il braccio & gli farai una grande offesa.

Vingtième prise.

Il sera un beau doute et une chose gentille d’avertir dans cette vingtième prise comment faire si un cavalier armé doit se défendre de son ennemi qui vient à son encontre pour le tuer : c’est-à-dire ce que nous devons considérer, que voulant aller sans périple trouver un homme, son ennemi, pour le tuer sûrement, longtemps avant il doit être pensé, justifié, avec grand avantage & ingéniosité dans l’art utilisé, ne tenant pas et ne pensant pas au danger, mais bien l’estimer, non par peur, mais pour mieux pouvoir le surpasser. Attentif quand vient cet ennemi, se couvrant avec le bras gauche devant, venant avec la jambe gauche (devant), jetant dans ce mouvement sa main gauche à son « capeccio », devant, se tenant serré pour tuer ou donner un coup. Alors avec prestance tu te défendras, prenant le bras gauche de celui-ci avec les deux mains, tournant aussitôt dans un temps sur tes pieds, comprend que ton visage est tourné au contraire de celui de l’ennemi, et faisant cela son dos sera tourné contre ton dos, et par cette prise et ce mouvement que tu auras fait, son bras sera sur ton épaule droite de manière rapide, sans tenir aucunement à faire cette prise généreuse, parce que tu surpasseras ton ennemi et tu lui casseras le bras et lui feras une grande offense.

Presa Vigesimaprima.

Descriveremo quivi sì come si debbe diffendere uno in questa vigesima prima presa: habbiamo da pensare sottilissimamente che venendo uno tuo nimico deliberatamente per ammazzarti, overo darti delle ferite, con una daghetta, come quivi sono dipinti, vedendo tu questa tal cosa venirai a ripararti, pigliando il braccio, che colui t’ha messo nel petto, con la man tua manca & con il braccio dritto gli darai una percossa, tenendo il pugno stretto, cometu vedi, & dalli forte nel suo braccio sinistro & sarai disciolto dal predetto tuo nimico, galante & polito.

Vingt-et-unième prise.

Je décris ici alors comment tu dois te défendre dans cette vingt-et unième prise : j’ai a pensé très subtilement que ton ennemi venant délibérément pour te tuer, ou te donner un coup, avec une dague comme dépeint ici. Toi voyant cela tu iras te défendre, prenant le bras que celui t’as mis à la poitrine avec ta main gauche & avec le bras droit tu lui donneras une percussion, tenant le poing fermé, comme tu vois, & « dalli » fortement en son bras gauche & tu te seras défendu de cet ennemi, galamment et policé.

Presa Vigesimaseconda.

Diremo in questa ultima presa poche parole: in verità sono fastidiose da componere & voler narrare di ponto in ponto ogni cosa seria troppo lungo il scrivere; ma per non dare troppo tedio alle persone che quivi leggeranno, diremo a voi M. Giovanbattista, come figliuolo sopra a nominato, da i Letti di Bologna, ch’essendo voi senz’armi in mano & che uno venisse a voi, un pugnale o daghetta sopra mano, per ammazzarvi, gli è di bisogno che voi vi diffendiate pigliando con la vostra man manca il braccio destro dello nimico vostro, appresso il pugno & con la man dritta pigliarete il ditto braccio & il gombito al predetto alla roversa, come voi vedete, con ambedue le mani, torcendo una in fuori & l’altra in dentro: quando voi farete questo, fatevi innanzi col piè sinistro & torcendo forte romperete il braccio dritto al nimico, togliendoli l’arme incontinente, & potrete dare a lui delle ferite; & quivi poneremo fine a queste prese soprascritte, tutte quante a laude et gloria del Padre, del Figliuolo & del Spirito Santo.

Vingt-deuxième prise.

Je dis dans cette dernière prise peu de paroles : qui en vérité sont fastidieuses à comprendre. Et vouloir narrer de point en point toute chose serait trop long à écrire, mais pour ne pas donner trop d’ennui à la personne qui lira, je vous dis M. Giovanbattista, comme fils nommé ci-dessus, de « Letti di Bologna », que vous, étant sans arme en main et qu’un vienne à vous, poignard ou dague avec la main au-dessus, pour tuer, il est nécessaire que vous vous défendiez prenant le bras droit de votre ennemi avec votre main gauche, près du poignet & avec la main droite prenant le bras & le coude de celui-ci à revers, comme vous voyez, avec les deux mains, tordant l’une vers l’extérieur et l’autre vers l’intérieur : quand vous ferez cela, ayez le pied gauche devant, et tordant fortement vous casserez le bras droit de l’ennemi, prenant l’arme sans modestie & vous pourrez lui donner un coup. Et là je pourrais finir ces prises écrites ci-dessus, tout à la louange et à la gloire du Père, du Fils & du Saint-Esprit.

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